Que faire aprés un BTS au Lycée Louis Lachenal ?
On peut poursuivre ses études, on peut aussi trouver un travail et entrer dans la
vie active.
Ou alors, on peut décider d’être aventurier, de faire quelque chose dont on a toujours rêvé.
Voilà la première partie d’un « journal » écrit par un étudiant qui a terminé son BTS Bois (Système Construction Bois et Habitat) en Juin 2011 et qui a décidé de partir !
D’autres chapitres suivront !
Tout d’abord, je pense qu’une petite présentation s’impose. Je m’appelle Alexis Baud. J’ai 21 ans et après des études professionnelles et un BTS en charpente, j’ai décidé de réaliser mon rêve de petit garçon qui a grandi devant ses majestueuses montagnes, qui a l’amour du ski et des grands espaces et qui regarde les matchs de rugby internationaux depuis tout petit : la Nouvelle Zélande. Le simple voyage organisé de 3 semaines ne me disait pas vraiment. Je n’aurais pas eu le temps de découvrir pleinement ce pays, la mentalité de ses habitants, le quasi culte qu’ils vouent au rugby et à la voile, et enfin contempler tout les superbes paysages de Bout du Monde.
Décision prise, j’ai travaillé dur pendant 4 mois dans une petite entreprise de charpente afin d’avoir le budget le plus conséquent possible pour profiter à fond de ce pays tant rêvé. Départ prévu pour le 13 novembre.
Au niveau de la préparation du voyage, je dois avouer que j’ai été un peu « light ».
En effet, je ne savais que 2 choses : que j’arrivais à Auckland, et que j’avais réservé 5 nuits dans une auberge de jeunesse à proximité du centre. Je connaissais aussi mon budget, et les formalités à essayer de remplir directement en arrivant : ouvrir un compte en banque, trouver un moyen pour que l’on puisse me joindre par téléphone, m’enregistrer pour obtenir un numéro IRD qui me permettrait de travailler, et enfin acheter un van pour parcourir le pays.
Mon visa VVT en poche, il n’y avait plus qu’à attendre sagement le départ…
Après plusieurs adieux parfois difficiles à la famille et aux amis, me voilà donc parti pour Lyon dans la voiture familiale. Mon périple commencera à 10 heures du matin, je dois rallier Londres pour prendre l’ avion qui ira à Auckland en passant par Los Angeles.
Tout se passe bien, jusqu’à Los Angeles. Après 11 heures de voyage, nous débarquons dans la salle de transition de L.A., pour attendre que l’entretien de l’appareil se fasse, afin que nous puissions embarquer rapidement. Pour entrer dans une salle dont nous n’étions pas censés sortir, un contrôle rigoureux du passeport et de toutes nos empreintes digitales, ainsi qu’ une vérification poussée de notre photo de passeport nous rappellent que nous sommes bien aux USA…
Les heures passent. Une voix se met à parler dans le micro. Les passagers se mettent à parler entre eux, et se précipitent sur les stewards et le personnel de l’aéroport. Inutile de vous dire, qu’en bon frenchy sorti de l’école, je n’ai absolument rien compris de ce qui s’était dit ! Mais j’ai quand même constaté qu’il y avait un problème… Je rencontre un couple de Suisses, qui m’expliquent qu’une pièce de l’avion est cassée, et qu’ils doivent attendre la pièce de rechange qui doit venir d’Auckland… Sympa ! On nous paye donc l’hôtel.
Une journée (que j’ai passée dans la chambre) plus tard, me voilà enfin dans l’avion pour la Nouvelle Zélande. Arrivée prévue à 4h30 du matin.
Et enfin, la Terre Promise. L’aéroport d’Auckland se découpe dans la nuit sous nos regards ébahis. Nous allons atterrir sur la plage !
Après un atterrissage bien maitrisé, me voilà devant les douaniers. Si là aussi le contrôle est poussé, ils n’en sont pas moins sympathiques ! Jamais un douanier ne m’avait demandé si j’avais fait bon voyage avec un sourire de bienvenue comme celui-ci…
En sortant de l’aéroport, je décide de jouer encore plus l’aventurier, et de prendre le bus afin de rejoindre l’hôtel ! Mes yeux se posant sur la carte, les horaires, les explications et ne trouvant pas la rue qui m’intéresse, je me dis que finalement, un taxi ira très bien.
Le taxi me dépose à 6 heures du matin dans une rue quelque peu étrange. Il pleut, je suis seul, à l’autre Bout du Monde, je ne connais personne, je ne sais pas à quoi ressemble mon auberge, et le chauffeur me pose devant une porte dérobée entre un sex shop et une boite de nuit. Il m’explique que, c’est bien l’adresse que je lui ai demandé, et qu’il ne connait pas de « Backpacker » (nom des auberges ici) dans cette rue !
Je décide de boire un café, afin d’étudier plus en profondeur mon guide « Frogs in NZ » pour savoir où je me trouve. J’apprends donc, que Karangahape Road, alias K’Road pour les locaux, et le quartier de Ponsonby à proximité, est LE point « chaud » d’Auckland. J’ai bien choisi mon auberge ! Je demande au patron du café où je pourrais trouver mon Backpacker, il me dit que c’est bien la porte dérobée que j’ai vue en arrivant, mais que celle-ci ne s’ouvre qu’à partir de 8h.
Quelques heures plus tard, après avoir fait la connaissance des nombreux transsexuels de la rue, la porte s’est enfin ouverte, j’ai un lit, j’ai pris une douche, et me voilà parti pour explorer Auckland. Je crois me trouver à l’écart du centre ville, les bâtiments sont hauts comme des maisons d’un étage, la circulation n’est pas très dense… Je suis en fait à 10 minutes à pied du centre, et de Queen Street, l’artère principale de la ville. Je fais du tourisme les 2 premiers jours, afin de me poser, et de savoir où je suis arrivé.
Au bout de 3 jours, je décide de me renseigner pour un téléphone portable. Connaissant la galère pour avoir ne serait-ce qu’une carte SIM en France, je m’arme de courage et prends tous les papiers possibles et imaginables que j’ai à disposition. Je rentre chez Vodafone, où une très gentille fille me propose un téléphone portable à 49 dollars (environ 30€) avec carte SIM, rechargeable avec le même système que les Mobicartes. Je paye, et je sors du magasin. Temps de l’opération montre en main, 5 minutes. Orange et SFR ont des cours à prendre !
Une fois que j’ai un numéro de portable, je décide de m’ouvrir un compte en banque. Je vais donc chez la Westpac ; je m’étais renseigné avant de partir, et plusieurs français m’avaient dit que c’était une banque sérieuse et très sympathique. Je rentre dans la banque, j’expose mon souhait d’ouvrir un compte et on me met directement en face d’un conseiller. Je lui explique que je suis là pour une durée maximale d’1 an, et que j’ai besoin d’un compte pour transférer mon argent de France, et que je ne voudrais pas avoir trop de frais sur mes dépenses. Il me demande un justificatif de domicile, et mon passeport. Je lui explique que je loge dans un Backpacker, et que je n’aurai pas d’adresse fixe. Il me demande si j’ai une facture du Backpacker, il la scanne, et le tour est joué, me voilà domicilié en Nouvelle Zélande. Il me montre comment gérer mon compte sur Internet, et comment retirer mon argent. Là aussi, temps de l’opération : 15 minutes.
Il faut maintenant attendre mes sous qui viennent de France. Les transferts se font en plusieurs jours ce qui va me laisser du temps pour trouver un van et découvrir Auckland. Je finis finalement par trouver le van de mes rêves. Un Nissan Hommy de 1988, qui m’est vendu par un couple de français qui viennent de passé
6 mois en NZ. Coût de l’achat, environ 2200 dollars. Là aussi, l’achat se fait simplement. Je vais à la poste avec le couple, nous remplissons chacun un formulaire qui témoigne que le véhicule change de propriétaire, je leur donne l’argent en liquide et paie 9,90 dollars à la Poste NZ pour les frais que cela va engendrer. Temps de l’opération : 20 minutes. J’ai un lit 2 places avec un vrai matelas, un « cooker » à gaz pour cuisiner, une douche solaire, toute la vaisselle dont j’ai besoin, une glacière, le plein d’essence, des guides sur la NZ, des restes de nourriture, 2 chaises de camping, un ballon gonflable, un jeu de cartes, 2 cartes routières, un adaptateur MP3 pour lecteurs cassettes, un club de golf, des balles de golf, bref tout ce qu’il faut pour être heureux.
Vous vous demandez surement, comment a-t-il assuré son van ? Il faut savoir une chose importante. Assurer son véhicule n’est pas obligatoire en Nouvelle Zélande, juste fortement conseillé. J’ai quand même pris une assurance au tiers qui m’a coûté 277 dollars pour 9 mois. Mais le plus important je pense, est la « Road Assistance » que j’ai pris à la AA. Comme j’ai pu le remarquer, la Nouvelle Zélande n’est pas partout facile d’accès. Il m’est arrivé de faire 1 heure de route sans croiser quelqu’un et encore, j’étais encore dans le Nord, qui est l’Ile la plus peuplée… Cette road assistance est en fait une assurance à la personne, je peux appeler n’importe quand et de n’importe où en NZ avec n’importe quel véhicule, on viendra me chercher gratuitement. J’espère que je n’aurai jamais à m’en servir…
15 jours après être arrivé à Auckland, me voilà su
r la route. Direction, le Northland. J’ai prévu de me balader dans l’Ile du Nord pendant 1 mois puis d’aller sur l’Ile du Sud en janvier. Christchurch, la principale ville du Sud a été touchée par un gros tremblement de terre l’année dernière. La reconstruction est lancée, et en temps que charpentier, je pense pouvoir trouver du travail là bas.
J’ai aussi prévu de faire du Wwoofing. Le principe est simple. Je travaille de 2 à 5 heures par jour dans une ferme biologique et écolo. Les travaux peuvent varier, allant de traire les vaches, à entretenir la maison, voire même s’occuper de la vigne. Pas de salaire pour ce travail, mais en échange, un lit et des repas. Je pense qu’au niveau échange et immersion, je ne pourrais pas trouver mieux.
Pour l’instant, je prends du bon temps, j’ai été à Cape Reinga, le Nord du Nord, là où selon la croyance Maori, les esprits des morts se retrouvent avant de partir pour Hawaiiki, la légendaire ile d’où seraient originaires les Maoris. La péninsule de Coromandel, avec Cathedral Cove et Hot Water Beach, une plage où, à marée basse, on peut creuser un trou dans la plage et attendre que de l’eau chaude remonte par capillarité et remplisse la baignoire qu’on s’est creusée pour se mélanger à l’eau de mer, un bonheur ! Rotorua, visitée sous la pluie, avec ses thermes d’eau acides, son musée et sa grande communauté maorie.
Ce qui m’amène à parler d’une petite déception que j’ai eu en arrivant ici. La Nouvelle
Zélande n’est pas un pays dangereux. En campagne, les gens laissent les fenêtres de leurs voitures ouvertes quand ils partent faire des courses. J’ai même entendu dire que dans les grandes villes de l’Ile du Sud, on ne ferme carrément pas les maisons à clés ! Cependant, il est recommandé d’avoir un peu plus de vigilance dans les endroits à forte communauté maorie. Le racisme envers eux est toujours plus ou moins présent, et la majorité d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté néo-zélandais. L’image du Haka, chant de guerre magistral qui fait vibrer les stades du Monde, et de l’unité des All Blacks n’est pas forcément à retranscrire à tout le pays…
Par contre, la réputation que le rugby est une religion en Nouvelle Zélande n’est pas qu’une image que se font les Européens. Je dirais que, en gros, il y a 7 à 8 maisons sur 10 en campagne, qui arborent fièrement le drapeau des All Blacks à l’entrée des propriétés. J’ai même vu, au détour d’un virage, une croix du Christ avec des drapeaux All Blacks enroulés dessus. Tous les Néo Zélandais avec qui j’ai pu discuter, m’ont parlé en tout premier lieu de la finale d’octobre dernier. Parfois en chambrant, mais c’est ce qui fait la beauté de ce sport. Ils m’ont tous dit à quel point ils étaient fiers d’avoir gagné contre nous et le fameux French Flair qu’ils redoutent tant. Dans les parcs, les enfants frappent volontiers dans le ballon ovale, imitant Dan Carter et les héros nationaux de tout un peuple. En bon touriste
arrivé fraîchement dans le pays, j’ai essayé de m’intéresser et de comprendre le 2ème sport le plus populaire après le rugby, le cricket. J’ai bien dit « essayé ». Car après de longues heures à regarder les enfants s’entrainer et le visionnage d’Australie-NZ sur Skysports dans les pubs, j’avoue que je n’ai encore pas tout saisi et je me demande encore comment on peut rester 2 à 5 jours à regarder le même match ! Mon chauvinisme français me pousserait à dire que « c’est bien un sport d’anglais ça ! ». Mais quand j’ai vu que beaucoup de kiwis avaient le même niveau de compréhension de ce sport que moi, je me suis vite senti rassuré.
Là aussi ce fut une surprise. Tout le monde adore la France. Le simple fait de dire que l’on est français quand vous discutez avec quelqu’un ouvre des portes inimaginables. Nous avons une réputation de travailleurs, ils admirent le XV de France, notre histoire et la gastronomie. Cependant, ils ne manquent pas de nous rappeler que nous pouvons être arrogants, prétentieux, et beaucoup trop fiers de nous. Mais les restaurants français des grandes villes sont pris d’assaut, et tous les Néo-Zélandais ont envie de discuter avec des Français, juste pour le plaisir.
Dans le paragraphe précédent, il y a un mot qui me reste dans la tête. Gastronomie. Je suis savoyard de pur souche et j’ai été élevé au fromage et à la charcuterie. J’arrive à vivre sans mes amis et ma famille, j’ai rencontré des français qui font la route avec moi. Mais les plats français, le goût du bon pain, du fromage acheté à la ferme et, je ne le cacherai pas, les repas de ma mère et de mes grands-mères me manquent affreusement. Je pense que, la nourriture est ce qui fait que les Français n’aiment pas rester longtemps à l’étranger !
En attendant, je me nourris de pâtes et de riz, et j’essaie de ne pas déprimer face au mauvais temps qui s’est installé sur le pays depuis 3 jours et pour encore 2 jours. J’essaierai d’écrire après les fêtes pour raconter comment j’ai vécu ces fêtes de fin d’année. See you !
