La vie au lycée > Echanges franco-allemand 2011

Nos lycéens recoivent leurs correspondants

Jeudi 14 avril 2011

Alles klar, les Allemands, nos Allemands sont arrivés !!!
Il était environ 17H00 quand leur car s’est garé sur le parking. Nous les attendions et la conversation a repris là où nous l’avions laissée fin février dernier. Comme avec des amis que l’on n’a jamais réellement quittés…
Et après un pot d’accueil au petit self, nous sommes rentrés chez nous avec une invitée un peu spécial pour les 6 jours à venir ! Il va falloir parler allemand, se faire comprendre, poser des questions, faire découvrir la région… Une langue étrangère dans la vraie vie, quoi !
Dès demain, Annecy et puis la mairie d’Argonay et les cours avec les Allemands.
Es lebe der Austausch !
Vive l’échange !


Tout va bien, die Deutschen, unsere Deutschen sind angekommen!!!
Ungefähr gegen 17 Uhr war der Bus auf dem Parkplatz vor der Schule. Wir warteten schon ungeduldig auf sie und die Gespräche sind weiter geführt worden, wo sie Ende Februar stehen geblieben waren. Wie bei Freunden, die sich nie richtig verlassen haben... Nach einem kleinen Empfangstrunk ist jeder nach Hause gefahren, und wir, die besonderen Gäste sind da für die kommenden 6 Tage! Jetzt muss Französisch geredet werden, fragen, antworten muss man, und auch noch die Region entdecken. Eine Fremdsprache üben im richtigen Leben!
Morgen geht’s nach Annecy und dann zum Rathaus und Unterricht am Nachmittag.

Ne manquez pas le prochain épisode de nos aventures... Le week-end s’annonce !

 

Week end 15,16 et 17 avril 2011

Dimanche soir fin de week-end, il faut que l’on vous raconte nos aventures.

Vendredi matin, les Allemands ont découvert Annecy, la rue Royale, le Pâquier, les rues de la vieille ville le long du Thiou, la Cité de l’Ile et le marché. Quelques élèves français qui n’avaient pas cours étaient avec eux pour leur montrer leurs coins préférés. Que c’est agréable avec la lumière douce et rase du matin, quand les rues ne sont pas encore livrées aux hordes de consommateurs ou touristes !

A onze heures et demie, une réception très sympathique nous attendait à la Mairie d’Argonay. M. Gilles FRANCOIS, Maire de notre cité, accompagné de son Premier Adjoint, M. André MARQUETTE, a souhaité la bienvenue au groupe allemand, encouragé les élèves français à se tourner vers l’international et insisté sur l’importance de tels échanges entre jeunes. Qu’il soit remercié pour sa disponibilité et son sourire communicatif. Un pot d’accueil a ensuite été servi et la médaille de la ville décernée à chacun d’entre nous.

Après la découverte du monde merveilleux de la cantine pour les Allemands qui ne connaissent pas cette joie puisqu’ils n’ont pas de cours l’après-midi, nous les avons conduits en cours avec nous selon nos emplois du temps. Ce qu’ils ont le plus remarqué ? La sonnerie si « conviviale » qui nous appelle en cours…

Le week-end s’est déroulé en famille. Mais nous avions prévu de nous retrouver en ville, de nous y promener, de profiter du soleil. Et puis, il semble qu’une petite fête a été organisée mais peu d’infos ont filtré… Le dimanche, certains ont fait un baptème de parapente, d’autres du karting. On en saura plus lundi.

On vous raconte le reste très vite…

Sonntag abend, da muss man unsere Abenteur erzählen.

Am Freitag früh haben die Deutschen die Schönheit von Annecy kennen gelernt. Die Rue Royale hinunter, dann am See und am Thiou, dem kleinen Fluss, entlang, und schließlich durch den Markt in der Altstadt. Einige französische Schüler, die gerade frei in der Schule hatten, waren auch dabei und haben ihre Lieblingsecken gezeigt. Es war sehr angenehm, von dem sanften Morgenlicht zu profitieren, wenn die ganzen Kunden oder Touristen noch nicht in der Stadt sind.

Um halb zwölf fand ein netter Empfang im Rathaus von Argonay statt. Herr FRANCOIS, der Bürgermeister, hat die deutsche Gruppe willkommen geheissen, die Franzosen dazu ermuntert, international zu werden, und darauf hingewiesen, wie wichtig solche Jugendaustausche wie unser sind.

Sei er für diese Worte, für seine Zeit und seine gute Laune bedankt. Dann wurde uns ein Empfangstrunk angeboten und die Medaille der Stadt verschenkt.

Nach der Entdeckung der wunderschönen Welt der Schulkantine sind wir dann in den Unterricht mit unseren Partnern gegangen. Was wir am meisten bemerkt haben? Der Schulgong, total gemütlich...

 

Am Wochenende war jeder in der Gastfamilie. Doch die Franzosen hatten ein Programm für uns aufgebaut. Eine Party womöglich. Und einige von uns haben am Sonntag Paragliding gemacht, manche sind Karting gefahren... Am Montag wissen wir mehr darüber.

Den Rest erzählen wir ganz schnell...

 

Accueil à la Mairie d'Argonay Sur le pont des amours




Article Dauphiné Libéré du 17 avril 2011

 

Lundi soir et quelques coups de soleil plus tard…

Pour cette journée, nous avons fait deux équipes. Les Français sont allés en cours selon leur emploi du temps normal. Les Allemands les ont retrouvés après les cours, après une grande journée à Chamonix.

Après un peu plus d’une heure de route, les Allemands sont arrivés quinze minutes avant le départ du train du Montenvers, la première rame de la journée. Le soleil était déjà présent. 25 minutes de montée avec la crémaillère et nous constations qu’aucun nuage ne troublait le ciel là-haut non plus. Après avoir admiré le Mer de Glace, nous sommes descendus jusque sur le glacier et avons découvert la grotte taillée dans son épaisseur. Les jeux de couleurs, les sculptures, l’atmosphère en font un endroit très particulier.

Le pique-nique fut pris sous le soleil, un grand merci aux familles, et puis nous redescendîmes vers Chamonix. Là, un quartier libre dans la partie piétonnière fut mis à profit pour se gaver de glace, de crêpe au sucre et de capuccino. On fit aussi un peu de shopping dans les magasins ouverts.

Et on se retrouva au lycée pour passer une dernière soirée en famille.

Demain, on va en cours. Et puis on montera dans les Aravis.

On vous racontera.


Mercredi matin et l’échange franco-allemand prit fin…

Mardi matin, tout le monde alla en cours, Français et Allemands réunis. Les uns firent ce qu’ils purent lors des contrôles prévus, les autres découvrirent le charme de la sonnerie du lycée. La cantine leur tendit les bras en milieu de journée. Ils firent honneur aux moules / frites.

Un autocar emmena ensuite tout le monde à Thônes pour une visite de la cave de la coopérative fromagère, un film en allemand sur la fabrication du reblochon fermier et l’achat de quantités non négligeables de fromage en cadeaux souvenirs sous vide. On monta ensuite au Chinaillon, prit possession de nos chambres au gîte de groupe Les Rhododendrons avant de profiter de la douceur du temps pour une petite randonnée vers le vieux village.
Et puis ce fut la soirée d’adieux. Repas tartiflette. Adieux et promesses de se revoir, serments d’amours éternelles ou pour la nuit… On dormit tant bien que mal
Et nos nouveaux amis partirent le lendemain vers leur chez-eux où nous ne serons pas…

Ach, l’amitié, gross malheur, ça fait piquer les yeux…

Und dann war der Austausch zu Ende…

Aber nächstes jahr kommt bestimmt ganz schnell!

 

 

 

 

 

accueil mairie argonay.JPG accueil mairie argonay

Nos lycéens sont en Allemagne

Jours 1, 2 et 3

De mémoire de professeur d’allemand, il n’y avait jamais eu d’échange en familles avec des Allemands au lycée L. Lachenal. Mais bien sûr, un professeur d’allemand n’a pas autant de mémoire qu’un éléphant.

Quoi qu’il en soit, cette année-là, 18 élèves germanistes de différentes classes de seconde, première et terminale avaient eu le courage, la témérité, l’inconscience, la folie douce, la bonne, l’excellente idée de signer le joli formulaire administratif qui leur permettait de participer à l’échange avec le Kepler-Gymnasium de Pforzheim. On devait partir vendredi 18 février, passer une petite semaine là-bas. Les correspondants viendraient plus tard, en avril, découvrir le Lycée, Argonay, Annecy, la Haute-Savoie, le Monde, la vie, notre vie quoi.

On était donc vendredi 18 février 2011. Le matin. Le car de la société allemande Fuchs-Reisen nous attendait sur le parking.

Impossible de reculer, le grand safari vers l’inconnu allait commencer. On se rassurait comme on pouvait, on savait depuis longtemps qu’on n’arriverait pas en terre hostile. Certains avaient déjà foulé cette contrée étrange où les hommes semblent se nourrir de hard rock à cheveux longs et de pommes de terre cuites sans reblochon (si, si, des ethnologues de renom ont vu des civilisations entières se développer sans cet aliment de base!) mais agrémentées de Wurst et de Bier, leurs deux dieux païens les plus connus. Ceux-là, qui étaient déjà allés en Allemagne savaient donc que les Allemands nous ressemblent en réalité fort et l’avait expliqué aux autres. Alors, on partait le cœur léger, cachant l’appréhension bien légitime de se retrouver seul dans une famille inconnue.

Tous avaient ce matin-là rendez-vous à huit heures trente dans le hall du lycée. On craignait la pluie. Elle était heureusement la seule absente. Même Romain était là à l’heure, lui qui pensait que l’on partait la veille. La route à travers la Suisse se fit sans encombre. On mangea sur la première aire d’autoroute que l’on trouva en Allemagne. On arriva même plus tôt que prévu au Kepler-Gymnasium, vers 15H45. Les familles de nos correspondants ne purent donc pas nous accueillir puisqu’elles nous attendaient pour 16H30. Mais les professeurs allemands en charge de l’échange étaient là. Ils nous firent rapidement visiter le lycée vide, on s’installa dans la cafétéria où l’on profita des biscuits et jus de fruits pour se donner du baume au cœur avant leur arrivée. Et ils arrivèrent, un à un. On reconnaissait les élèves allemands que l’on avait vus en photos sur les fiches de présentation ou sur facebook, lors des mails échangés avant de venir. Alors, on trouva une, deux phrases pour rompre la glace, on se serra la main ou on se prit dans les bras, bonne surprise. Et puis il y eut quelques blancs dans la conversation. Et puis des discours du chef d’établissement allemand et du professeur d’allemand comblèrent les silences. Ils remercièrent tous les gens auxquels ils pouvaient penser. On s’offrit quelques babioles et colifichets, et puis aussi des Carambars, qui allaient devenir les mascottes du séjour.

Il était environ 17H00 quand chacun s’égaya et partit dans sa famille d’accueil. Le plus dur restait à venir, il allait falloir survivre à la fameuse « Première soirée ». Pour certains découvrir que le repas du soir se prenait à 17H30 ! Pour d’autres goûter à des spécialités culinaires nouvelles. Et puis quelques-uns allèrent au concert. Un groupe de rock de jeunes de la région. D’autres regardèrent la télé sans tout comprendre.

Au matin du deuxième jour, aucune perte n’était à déplorer…

 

Nous nous comptâmes toujours 18 élèves et deux accompagnateurs. Rendez-vous avait été donné au centre ville de Pforzheim, avec les correspondants allemands, devant le bâtiment des Schmuckwelten, « les Mondes du Bijou ». Une visite d’environ une heure avec une guide bijoutière qui nous expliqua tous les mystères de l’orfèvrerie dans un très bon français entrecoupé de néologismes charmants (la « météroïte » fit beaucoup rire Jonas.) Nous sommes maintenant calés en diamants, perles de culture, traitement de l’or, mais aussi en fabrication de coucous de la Forêt Noire et montres de valeur. Pforzheim est la première ville de bijou et d’horlogerie en Allemagne, 70% de la production, parfois simplement de l’assemblage, venant d’ici. Nous nous extasiâmes devant un magnifique et inutile coupé Porsche recouvert de feuilles d’or 22 carats. Et puis, où va se nicher l’extravagance, on y vendait du vin mousseux dans lequel flottaient des feuilles d’or.

Dehors nous attendait la presse. Une ou deux ou trois photos, et puis une spéciale pour Camille et son appareil photo perso rose et gris, et puis on recommence toutes les photos car il manquait deux Allemandes sur les premières… Un journaliste du Pforzheimer Kurier posa des questions à Madame Krone, la professeur allemande, à Pauline et Camille, et à Monsieur Lozneanu. Cela les occupa un peu et nous, pendant ce temps, on avait un peu faim et froid mais on attendait bien sagement. Enfin, on nous donna les feuilles prévues pour le Stadtrallye (« course dans la ville ») : il fallait trouver dans la ville les réponses à une dizaine de questions simples, moitié en français, moitié en allemand, pour découvrir quelques endroits marquants. 30 minutes plus tard, la mission était remplie. On avait identifié les statues, ponts et autres curiosités locales : les Rassler, der Dicke, les bâtiments plus ou moins réussis, …

Comme on avait bien travaillé, et pas trop triché avec nos I-phones, on a été bien récompensé : on a tous eu un ou des carambars. Je vous l’avais dit.

Mais là commença la grande épreuve : le week-end en famille ! On n’allait revoir les professeurs que lundi matin. Il était samedi 13H30. On savait que les correspondants avaient prévu des trucs, mais quoi ? Une fête d’anniversaire, un match de handball, une visite chez la grand-mère ? Tout le monde n’aurait peut-être pas la chance de faire exactement ce qu’il aime, mais tout le monde s’y était préparé et allait sourire de son mieux à cette nouvelle aventure.

A bientôt pour les nouvelles aventures. Il faudra raconter les week-ends et puis la sortie du lundi. On doit aller à Heidelberg, mais il y a grève des conducteurs de train. Pourra-t-on prendre le train ? On ne sait pas encore…

Jour 4

Et lundi 21 février s’éveilla les pieds dans la neige. Quatre centimètres de

bonne neige humide et collante s’étalaient dans les jardins, sur les talus, partout où l’organisation allemande n’avait pas encore eu le temps de saler. Nous avions donc fait le bon choix : aller à Heidelberg en train. Cela évitait les embouteillages, l’autoroute coupée ou les glissades d’un autocar mal chaussé. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, les conducteurs de locomotive semblaient vouloir réduire leur grève et nous laisser la voie libre.

Alors on commença par se retrouver au Kepler-Gymnasium pour assister à quelques cours d’allemand, on ne comprit pas grand-chose, ou de français, on y brilla même en grammaire et les articles possessifs firent notre gloire. On ne manqua pas de s’étonner que les cours ne durassent que 45 minutes au lieu de notre conventionnelle heure moins cinq. Que peut-on apprendre en si peu de temps ? Et bien qu’il faut quand même couper l’heure en deux en sortant son sandwich afin de reprendre des forces et de la concentration.

Puis la troisième heure fut consacrée aux cahiers de doléance. Les Allemands se réunirent de leur côté, nous du nôtre, et nous racontâmes à nos professeurs tantôt ravis, tantôt effarés, nos aventures du week-end. Nous prîmes bien soin de ne pas raconter ce qui aurait pu les choquer ou les effrayer, ou alors nous en laissâmes supposer assez pour qu’ils sachent que l’Allemagne nous plaisait et que nous ne voulions plus jamais la quitter. Mais, en tout cas, nous n’avions pas de difficultés à signaler dans les familles d’accueil, la nourriture, quoique exotique nous satisfaisait, les lits étaient à leur place, pas de malades à signaler, peut-être un petit mal de tête dû à la fatigue sûrement. On raconta les visites au musée technique de Sinsheim, la découverte du Cloître de Maulbronn (héritage mondial selon l’Unesco), la partie de jambes en l’air … à la patinoire, et encore le repas chez la grand-mère qui avait bien été programmé ainsi que la légèreté de la bière allemande quand on en fait un usage modéré.

Monsieur Lozneanu étant rasséréné, quel naïf !, nous pûmes aller de l’avant et envisager la suite de la journée.

En route donc en bus jusqu’à la gare de Pforzheim où nous achetâmes le journal et nous y vîmes en photo et en article, le journaliste avait donc bien tenu parole. Puis le train régional jusqu’à Karlsruhe, un changement de train pour Heidelberg, le romantisme allemand incarné, dix minutes de trajet en bus sur les rails du tramway, mais si vous savez, le Strassenbahn, on dit en fait S-Bahn. Et puis le Bergbahn, ah pardon, le funiculaire jusqu’au début de la visite du château de Heidelberg et ses murs de 7 mètres d’épaisseur, bonjour, amis du génie civil.

Munis de nos rutilants audio-guides du siècle précédent, nous entamâmes la visite. C’est à ce moment précis que nous prîmes réellement conscience du froid qui nous avait étreints depuis que nous l’avions quitté. Le train. Une bise insistante, glaciale, s’attaqua à nous par chaque extrémité dépassant de nos manteaux pourtant chauds. Après avoir essayé bravement de lutter et de faire la visite dans l’ordre prévu par notre audio-guide, frêle minitel portatif et doué de la parole, nous nous réfugiâmes dans la salle du tonneau, la curiosité avec un grand Q du château. Aux dimensions dépassant l’imagination, ce tonneau recevait l’impôt des paysans alentour, impôt acquitté en nature sous forme de litres de vin. Deux cent vingt-huit mille litres de vin, de piquette, de vinaigre, y trouvaient place. Une pompe les faisait monter à la demande dans la salle des repas située à l’étage supérieur. Il devait falloir bien du courage pour y tremper les lèvres. Enfin, un petit verre de vin ? Perchè no ? C’était la réponse du maître de chai italien ramené par le châtelain du Tyrol. Sa réponse devint légendaire, les Allemands l’appelèrent Perkeo et il mourut en s’intoxicant … d’un verre d’eau !

Nous découvrîmes ensuite la vieille ville de Heidelberg, nous y promenâmes en petits groupes, qui faisant du shopping, qui se revigorant d’une boisson chaude.

Vint l’heure du retour. Le bus. La gare. Le train. La maison.

Ah non, pas la maison tout de suite.

D’abord, le train arrêté en rase campagne sans que l’on en sache la raison. Le changement de train pour finir le premier tronçon. Mais le retard qui nous fait rater la correspondance. Et puis la course vers le quai suivant. Pour rien puisque le train du dernier parcours ne démarra que trente minutes après nous avoir accueilli en sa rame chaude. Et enfin l’arrivée à Pforzheim avec deux bonnes heures de retard.

C’est la vie. En tout cas, ce fut la nôtre hier.

A demain, si vous le voulez bien.

Jours 5 et 6

Demain est vite arrivé. C’est déjà aujourd’hui. La preuve que l’on ne s’ennuie pas un instant à Pforzheim. Bien sûr quand vous lirez ceci, il sera hier, mardi 22 février 2011.

Et donc tout le monde se donna rendez-vous au Kepler-Gymnasium, tôt le matin. On devait se retrouver à la fin de la deuxième heure de cours. Petit jeu gratuit sans obligation d’achat : quelle heure était-il donc quand nous fûmes presque au complet ? Presque parce que Sébastien et son correspondant ratèrent le car du matin, ha ha, et arrivèrent au lycée vers onze heures, ils ne comptent donc pas.

Bien, je vous donne des indices. La première heure de cours commence à 07H45. Sachez aussi que la minute de cours est soluble dans l’eau, l’eau de rivière uniquement. Si chez nous une heure de cours dure 55 minutes, elle n’en fait plus que 45 en traversant le Rhin. Vous avez donc trouvé que la fin de la deuxième heure, c’était 09H15, début de la « grosse Pause », la première récréation, 20 minutes. Dans ce lycée, on fait donc 2 heures de cours plus vite que nous en faisons une. Ou presque. Et puis, il y aura deux autres heures de cours, et puis une « kleine Pause » de 10 minutes. Et puis une ou deux nouvelles heures et la journée sera finie. Il sera alors entre 12H30 et 13H00.

Or donc, nos héros préférés, les 18 élèves du Lycée Lachenal, vaillants et le cœur empli de courage, allèrent affronter les cours exotiques de leurs correspondants. Politik, autrement nommée Gemeinschaftskunde, ce qui indique mieux qu’il s’agit d’éducation civique avec une présentation de la vie politique, programmes des partis inclus. Et puis aussi des cours de religion, de littérature allemande, d’anglais ou de mathématiques.

Bien sûr ces chevaliers à la figure tout sauf triste ouvrirent leurs grands yeux devant les habitudes des élèves de leur âge lors des cours au lycée. Mais ceci est une autre histoire que nous vous conterons plus tard.

A la troisième heure, un professeur expert en la matière nous ouvrit les portes de l’observatoire astronomique du Kepler-Gymnasium. Cela se dit « Sternwarte », littéralement « j’attends les étoiles ». Nous attendons toujours. Ce fut le seul petit désagrément de ce séjour. Le ciel était à ce moment-là d’un superbe gris uniforme, oh les beaux nuages ! Et puis la neige et le froid avaient gelé la coupole qui permet de suivre la course des étoiles. Alors, nous vîmes le télescope, son maniement, quelques photos, mais nous ne pûmes aller plus loin. Dommage. Il nous faudra donc absolument revenir l’an prochain. Peut-être à un autre moment de l’année pour avoir un ciel plus clément.

La quatrième heure fut consacrée au travail de classe en vue du retour à Lachenal. Certains avaient un devoir de physique à préparer. D’autres s’attelèrent à une rédaction de français, aux verbes irréguliers anglais ou à des calculs de fonctions, mais si vous savez, le discriminant, le tableau de variation, toutes ces choses qui rendent la vie plus belle… On travailla avec bonne volonté durant un peu plus d’une heure. Espérons que cela permettra un retour sur terre en douceur.

Et puis, on quitta le lycée pour la grande ville : Stuttgart. Bus et train. Gare centrale et séparation des wagons : un groupe alla sous la houlette bienveillante mais ferme juste comme il faut d’Emilie GAUTHRON, notre surveillante accompagnatrice (Message personnel : EMILIE, BRAVO POUR TA COMPETENCE ET TA DISPONIBILITE AVEC LE GROUPE LORS DE CE PREMIER VOYAGE POUR TOI, MERCI MILLE FOIS CAR SANS TOI, IL N’AURAIT CERTAINEMENT PAS PU SE DEROULER AUSSI BIEN, ET SI TU VEUX, TU PEUX ME TUTOYER…) au Musée Mercedes, découvrir l’histoire de la marque à travers le 20ème siècle, dans un bâtiment de haute technologie qui tournait sur lui-même tel une coquille d’escargot. Les sourires au retour en dirent long sur leur plaisir. Ils n’avaient d’ailleurs qu’une heure de retard sur l’horaire prévu tellement ils avaient voulu en voir le plus possible. L’autre groupe dirigea ses pas vers la Staatsgalerie, musée d’art présentant des œuvres de 1300 à nos jours. On fit connaissance avec des peintres allemands tels que Baselitz ou Grosz, Emil Nolde ou Otto Dix, Caspar David Friedrich ou Carl Spitzweg. On profita également des toiles de Manet, Cézanne, Picasso, Bonnard ou Dali. De l’incompréhension apparut quand on arriva dans la salle de l’art abstrait moderne mais la réflexion sur la construction d’une toile , le sens donné ou pas par l’artiste montra à quel point les élèves avaient envie de comprendre les énigmes sous leurs yeux. Et puis on prit le temps de coucher sur le papier, avec des mots ou des croquis, les impressions fugaces ou tenaces ressentis devant quelques œuvres.

Quand les deux groupes se retrouvèrent, il s’agit de profiter du quartier libre donné dans le Königsstrasse de Stuttgart pour faire quelques emplettes. Une paire de chaussures. Quelques chocolats, une tasse à café ou thé pour la route et surtout pour Emilie. Et puis on ne sait pas tout.

Et le train du retour nous fit retourner d’où nous étions venus.

A la gare de Pforzheim. Les correspondants étaient émus aux larmes de nous retrouver. Nous aussi, nous avions faim.

Demain, deux heures de cours de 45 minutes, ce qui fait donc deux heures d’une heure et demie. La langue française est bien plus conciliante que la mathématique basique.

Et puis Karlsruhe et son musée interactif des média. Nous sommes impatients. Préparation des valises, dernier tour dans Pforzheim et fête d’adieux au lycée. Le jour où la ville se souviendra qu’il y a 65 ans, 18000 habitants de Pforzheim trouvèrent la mort en 20 minutes. Relisez la phrase précédente. Relisez les chiffres. Elles durent paraître bien longues, ces 20 minutes. Un tiers d’heure. Une éternité de tristesse. C’était le 23 février 1945 et l’armée anglaise bombardait en représailles des attaques nazies sur l’Angleterre mais aussi pour saper le moral des civils.

Alors nous trouvons sain que l’on soit là demain, aujourd’hui. D’anciens ennemis réconciliés qui, comme d’autres avant eux, sont maintenant amis, n’oublient pas le passé bien sûr, mais quand ils se quittent font une dernière fois la fête en se promettant de se retrouver au plus vite. Une oreille à l’écoute de la musique sans harmonie du passé, une main tendue pour danser vers l’avenir, ce sera notre petite fête de demain soir.

Et puis jeudi, le car démarrera à 08H00 du Kepler-Gymnasium, on aura le cœur un peu serré peut-être. Mais on sera dans l’après-midi à Lachenal. Et surtout, les Allemands y seront bientôt. Jeudi 14 avril.

A vos calendriers… Tschüss.

Francis LOZNEANU, enseignant d’allemand.